La Flûte Enchantée

2 475,00 €

Quantité

Note intention pour l’adaptation de La Flûte enchantée

Constance ÉMILIE

 

Un opéra pour ceux qui savent et ceux qui ne savent pas…

Lorsque l’on met en scène un opéra, on expose sa forme à une diversité de spectateurs dont : celui qui l’a bien fréquenté, qui en a vu plusieurs versions, qui en connaît les détours, et celui qui ne sait peut-être même pas de quoi cause La Flûte enchantée. Il est alors nécessaire de réinventer la forme, pour que « celui qui sait » retrouve ce qu’il est venu retrouver, tout en « perturbant » sa perception de l’œuvre, et que « celui qui ignore tout », intègre les bases (narratives et lyriques) de l’opéra.

 

Une forme ludique…

La Flûte enchantée fait désormais partie de la culture générale (des mythes et imaginaires communs). Le premier objectif de la mise en scène est : que le récit (le mythe) soit perceptible. Sachant qu’il se tisse autour de deux énergies principales dans notre version : La Reine de la nuit et Papageno. Cette contrainte (qui est finalement moins une contrainte qu’un potentiel), cette règle du jeu, permet de désosser l’opéra, d’en détacher les pièces (comme les pièces d’une machine), et de les réorganiser selon certaines lignes de force, en d’autres termes : faire de la dramaturgie.

L’exercice dramaturgique est ludique pour l’équipe de création mais aussi pour le spectateur, parce que la forme garde pour toujours l’énergie de cette primitive reconstruction du récit, qui devient perpétuelle (renouvelable) : à chaque fois que la forme s’ouvre, le récit se recherche, se reconstruit, sur le plateau, et dans la tête du spectateur.

 

Parce que raconter est ludique…

« Jouer » c’est toujours « jouer avec », quelque chose ou quelqu’un. J’interagis, et je ne suis plus le même à la fin. Quand je raconte je joue : je crée un espace d’interactions, entre le monde et moi, les autres et moi, entre les trois. Je construis un espace pour l’autre : sa pensée, son imagination. Et il y a d’autant plus de jeu qu’il y a d’espace donné (organisé pour être donné) à l’autre, aux autres – qu’il y a de « terrain de jeu ». Nous avons fabriqué une forme « terrain de jeu » pour que le récit opère. Pour que le spectateur adhère à notre récit, et l’explore, et le construise (s’en refasse une construction à mesure nous le construisons), nous lui donnons les outils pour le construire en même temps que nous. Nous symbolisons chaque personnage par un objet. Car il s’agit moins ici pour l’acteur (dans cette forme de La Flûte), d’incarner que de porter un personnage, comme il porte le récit (avec la distance constante du jeu, le va-et-vient entre acteur et personnage).

 

Pour notre adulte et notre enfant intérieur(s)…

Les chanteurs-acteurs ne jouent pas des enfants. Ce sont bien des adultes mais à cet endroit imprécis du jeu et du Je : du Je qui bouge (se transforme) au cœur du jeu – de reconstruction (invention) d’une histoire comme jeu théâtral. Lorsque l’on fait du théâtre, on joue. Est-on alors un enfant, ou un adulte, ou pouvons-nous être alors, en dehors de tout ça ? Parce que le jeu est « en dehors du monde », un autre monde dans ce monde, où c’est bien là que nous avons (socialement) défini ce qui sépare un adulte d’un enfant, mais pas ailleurs.

 

Faire feu de tout bois…

Faire feu : faire énergie, faire du vivant (du spectacle vivant). Faire que ceux qui découvrent le spectacle le rencontrent comme on rencontre quelqu’un. Qu’ils soient touchés profondément et qu’ils rient : de choses douces, absurdes, simples, fragiles. Que cela passe par la relation entre les deux chanteurs-acteurs (personnages-chanteurs-acteurs).

Que notre travail pour rendre l’opéra proche, accessible ne l’abime, ne l’affaiblisse aux yeux de personne. Que nous l’emmenions partout, en tous lieux, en termes de moyens, d’espaces, de publics : salons, écoles, bibliothèques, manifestations, festivals de plein air… Que notre recherche d’équilibre entre beauté et proximité, voyage et rencontre. 

Fiche technique

Sophie Desmars
Reine de la Nuit
Côme Monrozier
Papageno
Constance Emilie
Adaptation
Isabelle Lagors
Harpe